Terroirs & saveurs

La fraise de Plougastel

Arrivée à maturité dès le mois d’avril, la fraise de Plougastel fait son apparition très tôt sur nos étals. Il est temps de fouetter la chantilly !

La fraise de Plougastel arrive à maturité dès le mois d’avril © Georges Rouzeau

Les alchimistes du Moyen Âge, qui ne connaissaient que la fraise sauvage, la considéraient comme une panacée. Pour nous, contemporains revenus de tout, la fraise rime avec printemps, parfum, chantilly. Et c’est beaucoup !

Frézier au service de la fraise

Avant la fraise, il y avait donc la fraise sauvage, parfumée mais petite, et non cultivée. Jean-Baptiste La Quintinie, le jardinier de Louis XIV, la mit en culture et sous serre pour obtenir des fruits plus gros et toute l’année. Mais la fraise prend son véritable essor au 18e s. d’abord grâce à des plants de fraisiers rapportés de Virginie (États-Unis), puis, grâce à un personnage au nom prédestiné, Amédée François Frézier. Cet ingénieur dans la marine rapporte en 1714 quelques pieds de fraises sauvages d’un voyage au Chili qui sont plantés dans le jardin botanique de Brest. Par la suite, c'est un habitant du village de Kéraliou, dans le Finistère, qui aurait le premier cultivé quelques pieds de « Blanche du Chili », marquant le début d'une importante reconversion agricole pour Plougastel. C’est ainsi qu'en Bretagne, la fraisiculture va progressivement se substituer à la culture du lin qui, à l’époque, subit de plein fouet la concurrence américaine et anglaise.

La fraise, ambassadrice du printemps

Microclimat exceptionnel et faible amplitude thermique aidant, la fraise va alors triompher sur les côtes bretonnes. Signe de cette symbiose, la fraise de Plougastel arrive à maturité dès le mois d’avril et aussitôt après sur nos étals. Les fruits se cueillent à la main avant d’être rangés un par un dans une barquette. Les bonnes années, leur parfum naturel, leur richesse en sucre et leur saveur en font les ambassadeurs du printemps et des desserts gourmands.

Ses défauts ? La fraisiculture pouvant être grande consommatrice d’herbicides et de produits chimiques, tournez-vous de préférence vers les fraises bio. De plus, comme toutes les fraises, celle de Plougastel est fragile, voyage mal et ne supporte ni les chocs ni la chaleur. Elle n’aime pas non plus le réfrigérateur. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire : la manger !

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

La fraise de Plougastel possède son musée : Musée de la fraise et du patrimoine
12, rue Louis Nicolle
29 470 Plougastel-Daoulas
Tél. : 02 98 40 21 18
www.musee-fraise.net

 

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